Ce fut pendant trois siècles un
relais de poste, de Rouen à
Caen par le chemin de la grève.
De ces temps là, il reste quelques parties de bâtiments faciles à discerner dans la cour Louis XIV. Cet ensemble, avec ses galeries extérieures pour accéder aux chambres, ses écuries et ses dépendances, s'appelait jadis "L'Auberge de l'Epée Royale". C'est là que s'arrêtèrent en 1689 la Duchesse de Chaulnes et Madame de Sévigné.
A la fin du XIXe' siècle apparaît la nouvelle mode des bains de mer. Quel endroit plus choisi que ces magnifiques plages qui bordent la "Côte fleurie" de Cabourg à Honfleur ? Une clientèle riche s'implante et notre auberge va connaître son époque de splendeur grâce à Monsieur Le Remois, aubergiste qui, par son talent exceptionnel, assure à son établissement une réputation étendue: On ne comptait plus les célébrités artistiques, littéraires ou politiques qui, à la Belle Epoque, ont séjourné dans cette résidence.
Grand amateur d'art, -Le Remois transforme cette simple auberge en monument tel que nous le voyons aujourd'hui. Il fait orner les bâtiments normands à colombages de sculptures sur bois de style Médiéval ou Renaissance, comme on en retrouve sur les riches villas de la côte, à Deauville, sur ces façades de l'hôtel "Normandie". De plus, Le Remois fait des acquisitions et installe dans les trois cours des sculptures sur pierres authentiques : statues, bustes et vases sont des XVIIe et XVIIIe siècles.
Sur le fronton du porche, il fait graver : "Hostellerie Guillaume le Conquérant", le nom du héros historique qui, à Dives en 1066, constituait sa flotte et son armée pour la conquête de l'Angleterre. La mer arrivait alors devant l'emplacement du village où "le Prince Batard" avait établi ses campements.
Mais Le Remois, disparu vers 1930, le bel ensemble va connaître le déclin pendant 40 ans ... pour renaître en 1970 agrandi, restauré et entretenu à la charge de ses copropriétaires.
Ce petit quartier de Dives, pittoresque et fleuri à la belle saison, est ouvert gratuitement au public qui peut le visiter à loisir
et rencontrer, dans ses quatre cours, des artistes, des gastronomes, des antiquaires,
et des artisans, dont deux meilleurs Ouvriers de France. Ils se feront un plaisir
de vous recevoir.


J.BRACQUEMOND